Mon histoire, mes états d'âme

Je prénomme Emma, enfin… à temps (trop) partiel.
Je suis une Bretonne de 34 ans.
Une fois pris conscience que l’on n’est pas la seule, mon histoire est tout à fait banale. (Pourtant une fois arrivée au bout, je vois que mon texte est vraiment long… merci d’avance à celles qui auront le courage de me lire!)

Même si j’ai des bribes de souvenirs plus jeune, j’ai découvert réellement et activement le travestissement vers l’âge de 12 ans.
Ayant une mère et des sœurs à la maison, et régulièrement des moments seule, j’ai pu passer en revue durant mon adolescence toute une panoplie de tenues.
Puis plus tard j’ai commencé à me procurer mes propres affaires.

J’ai rencontré la fille qui allait devenir ma femme alors que nous étions très jeunes, à un age où lui en parler ne m’a même pas traversé l’esprit.
Je passe les épisodes classiques de tentatives d’arrêts, d’affaires à la poubelle et de rachats quelques mois plus tard…
Globalement j’étais tiraillée entre le fait d’être tellement bien en fille mais en même temps honteuse de ce que je faisais.
Je savais bien évidement que je n’étais pas exceptionnelle et qu’il y en avait d’autres comme moi, mais ce n’est que bien plus tard que je me suis rendu compte que nous étions autant de « T-girl » et autant de « T-girl » différentes.
Et moi la dedans j’étais quoi ? Dans quelle catégorie je devais me ranger ? Transsexuelle ? Transgenre ? Fétichiste ? Travestie ? Transformiste ? Ou peut-être que j’avais simplement un goût prononcé pour les fringues de filles ?
Peut-être et plus probablement, un peu de tout ça à la fois.

C’est la découverte du forum XXY qui ma franchement aidé à m’accepter. C’est la première fois que je rencontrais des personnes qui ressemblaient autant à l’image que j’avais de moi à l’époque.
Grace à ce forum je n’ai plus (ou plutôt moins) eu honte de mes activités secrètes.
Je ne sais pas pourquoi il a malheureusement fermé depuis. En période de rejet, je n’étais plus trop active sur le forum à ce moment là.
J’y ai trouvé le courage de l’annoncer à ma femme (qui ne l’était pas encore à l’époque). Ça a été compliqué au début mais elle a fini par comprendre et accepter ce que je suis, même si elle ne souhaite pas me voir en fille, ce que je comprend.
Son acceptation a aussi été facilitée par le fait que j’ai sûrement trop « lissé » ce que je ressentais vraiment pour trouver un compromis entre ce que je sentais qu’elle pouvait accepter et ce que je ressentais et avait vraiment envie.
Quand je lui ai annoncé, je rêvais de presque me libérer au grand jour, qu’elle m’aide, qu’on sorte ensemble de temps en temps.
Finalement, ce qui est déjà beaucoup, elle accepte que mes affaires soit rangées dans la maison et non plus planquées dans je ne sais quel endroit, et elle sait et comprend que je m’adonne à cette « activité » à la maison parfois quand elle n’est pas là.
Ça m’a rendu heureuse pour quelques années, ayant enlevé cette pression du secret.
Puis ça m’a frustrée, et je suis retournée pas tout à fait consciemment à l’époque à d’autres activités pour m’occuper suffisamment l’esprit et moins y penser. Même si il n’y a probablement pas un jour ou je n’y pense pas.

Je me suis très souvent demandé si cela n’était qu’un jeu sexuel, j’en suis arrivé à la conclusion aujourd’hui que clairement non.
Je me définie comme travestie, probablement un peu transgenre, « entre deux »
Je ne ressens pas comme j’ai pu le lire dans certains témoignage de rejet de mon corps et de ma vie de garçon. Je ne me sens pas "née dans le mauvais corps". La plupart des passetemps qui me plaisent sont plutôt des trucs qu’on qualifierait de garçons.
Je dirais plutôt que j’aurais tellement aimé, préféré être une fille. Pourtant je ne suis pas passionnée de mode, de maquillage ou autre, j’aime m’y intéresser pour essayer de me féminiser aussi bien que je peux.
Me lancer dans une transition me traverse souvent l’esprit. Très souvent même dans les moments où je suis bloquée dans mes envies de vivre mon travestissement, j’envie dans ces moments là toutes les filles que je croise.
Je me dis qu’au moins « ça serait plus simple », même si je sais très bien que ça n’a rien de simple et que les conséquences sur ma vie et celles des autres serait énormes.

J’aime me travestir, me sentir fille, ma frustration actuelle vient, je pense, du fait de ne pas pouvoir faire vivre cette fille qui est en moi, qui n’apparait que quelques dizaines de minutes entre le moment ou j’ai finis de me maquiller et le moment où il faut déjà tout remballer. J’en parle comme s’il s’agissait de deux personnes différentes, pourtant je ne me sens qu’un ou qu’une.
Aujourd’hui, j’ai envie de vivre plus en fille, de sortir, avoir des amies avec qui je peux en parler ou parler d’autres choses, que cette part de moi existe réellement.

J’ai déjà un peu parlé à ma femme de ma frustration, pas de mes envies de sorties.
J’ai peur de ce vers quoi cela peut m’amener, et je sais que c’est ce qui fera sûrement peur à ma femme également. Est ce qu’au début je vais sortir 1 fois par mois ? Puis je voudrais 1 fois par semaine ? puis 2 ? Puis … ?
Est ce que je trouverais un équilibre ? Ou j’en voudrais toujours plus ? Je pense qu’il faut de toute façon que je fasse quelque chose, au risque que cela explose d’un coup bien plus tard.

Voilà ma présentation, ou plutôt une présentation de mon parcours, et de mes états d’âmes actuels…

Merci à vous de faire exister des forums comme le vôtre.

Commentaires

Bonjour Emma,

Bonjour Emma,

bravo pour ton témoignage. C’est mon histoire aussi même si j’ai commencé très tôt à sortir, dès l’âge de 20 ans alors que j’ai commencé à ressentir ma féminité dès 12/13 ans.

aujourd’hui, les sorties ne sont pas quotidiennement car je concilie mes deux dimensions mais quand le m’organise dès we c’est à 110% en fille.

mon « passing » n’est pas fabuleux mais entre les gens qui ne te calculent pas et ceux qui sont bienveillants, c’est possible de vivre sa féminité normalement.

évidemment, si je prends le métro je choisi mes lignes et les horaires. Je prends souvent le bus ou uber.

 

n’ai pas peur d’avancer du moment que tu restes toi même.

bise

céline

coucou Emma

nous avons toutes plus ou moins le même parcour éffectivement !  j ai vécue les même choses que toi jusqu a il y a six mois , ou ne tenant plus je me suis lancée dans ma transition qui était devenue ma seule issu . j ai 52 ans et mon seule regret c est de n avoir pas réussi a le faire avant ... nous avons tout éssayer aussi avec ma femme qui me soutient et ma comprise , mais nous somme arrivée ou nos chemins se séparre et vers ce que j ai toujours voulue : vivre ma vie de femme au quotidien . je te souhaite beaucoup de courage et vie ta vie comme tu l entend , tu es encore jeune et a plein de belles années devant toi . la vie est belle et elle vaut le coup d être vècue a cent pour cent .

Priscilia